MEHEZA ou vivre dans un orphelinat

samedi, juin 23, 2012

Je viens de découvrir les reportages photographiques réalisés par Catalina Martin-Chico dans les orphelinats Bernardita Serranp, au Chili, en décembre 2004, et Solignyogobu, au Togo, en février 2006.

Voici comment elle parle de son travail :
"Meheza c'est à dire libre et sans peurs. Meheza, c'est ce nom en dialecte kotocoli qu'ils ont choisi pour me baptiser dès mon arrivée parmi eux. C'est ce nom que j'ai retenu comme titre de mon travail évoquant ces enfants que je souhaiterais, moi, un jour libres et sans peurs. Un équilibre et une assurance qui seraient une forme de revanche sur les handicaps avec lesquels ils démarrent dans la vie.

Par dessus tout, le manque du plus essentiel, les fondations de l'édifice, de ce qui leur permet de se construire forts et résistants : l'amour maternel. L'être qui leur donne la vie, à qui on est censé être le plus intimement uni leur lache la main… Comment s'y résoudre? comment lutter dans les moments difficiles, avec quelles armes ? comment se donner a soi la quantité d'amour nécessaire pour survivre ? comment ne pas glisser sur ce chemin boueux ? …

L'abandon sera désormais leur champ de bataille durant une bonne partie de leur vie. Ce que j'ai voulu transmettre à travers mes photos c'est que ces enfants restent malgré tout des enfants. Avec leurs joies et leurs peines, leur caprices et leur mystère. Avec leur retentissante force… Force qui se mêle a la fragilite, frontière si fine parfois… Force qui prend la forme d'un cri, d'une larme, d'un rire, d'un silence."














http://www.photographie.com

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6 commentaires

  1. Je crois presque voir Raphaël sur ces photos. Kinshasa / le Togo ... tous les orphelinats se ressemblent avec plus ou moins de sourires d'enfants.

    Marie

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  2. Marie,

    Ce sont de belles images et en même temps elles renvoient à des situations douloureuses...

    Le seul orphelinat que nous ayons visité (c'était en Inde) ressemblait davantage à une école et semblait plutôt "favorisé". Mais nous n'en avons vu qu'une partie. Même si nous n'y sommes pas restés longtemps, j'ai imprimé ce moment et certains regards.

    Béatrice

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  3. Magnifiques photos ! Emouvantes, touchantes, à la fois pleines de vie mais empreintes de mélancolie...

    Merci Zeu

    Hélène

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  4. Bonjour Hélène.

    Oui, les images sont fortes. Pleines de vie, de tristesse, de force et de fragilité.

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  5. Les photos sont magnifiques, j'adore ! Je rêve de faire ce genre de reportage, mais je reste souvent trop peu de temps les orpheux et je dois me concentrer sur mes grands discours et sur nos enfants plutôt que sur mon nikon... Et puis les photos sont souvent interdites, et je me dis que ca craint de les prendre sans l'autorisation de leurs futurs parents. Menfin, j'en rêve quand même !

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  6. Bonsoir Moushette !

    Oui, c'est un très beau reportage en effet. Dans de tels contextes, je rêve souvent d'avoir un appareil "intégré à l'oeil" pour faire des prises de vue en toute discrétion. Et puis je me dis que le plus important est d'avoir saisi ces moments. D'avoir eu un certain regard. Et qu'il n'est pas forcément important qu'il y ait des traces...

    Combien de belles photos ai-je prises ainsi, sans appareil !

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