Enfants à particularités, enfants oubliés

samedi, août 04, 2012

Article intéressant trouvé au "hasard" de mes pérégrinations sur le net. L'article date un peu et comporte quelques erreurs ( âge maximum d'adoption par exemple )... Mais il renvoie à l'éternelle et difficile question des particularités...


En Inde, très peu d’enfants sont adoptés chaque année. Ils sont pourtant nombreux à être abandonnés par des parents trop démunis pour subvenir à leurs besoins. A l’orphelinat des Soeurs de la Charité, fondé par Mère Térésa, on prend soin d’enfants handicapés, dont l’adoption reste très rare.


"My name is Lovely. L O V E L Y. How are you ?"  

A peine âgée de 5 ans, la petite fille parle déjà comme une grande.  

"Elle ne peut pas marcher mais qu’est-ce qu’elle cause… On dirait qu’elle essaie de compenser son incapacité physique par la parole !", s’exclame Hema, la kinésithérapeute de l’orphelinat "Missionaries of Charity" de Delhi.

Comme Lovely, soixante enfants, âgés de 8 mois à 19 ans, ont trouvé refuge à la Jeevan Jyoti Home. Handicapés physiques ou mentaux, ils apprennent à vivre avec leurs différences.

Des dessins d’éléphants et des portraits de Mère Térésa ornent les murs. Des hochets et des peluches jonchent le sol. L’atmosphère est chaleureuse et colorée à l’orphelinat, on entend les cris, les pleurs, les chants des enfants. Les huit Sœurs coiffées du voile blanc et bleu veillent à leur bien être et voyagent de salle en salle : le dortoir, la salle de jeux, la salle de kinésithérapie… Les enfants grandissent ici à leur rythme.

Comme le souligne d’emblée Sœur Rosebella, qui gère l’orphelinat, très peu d’enfants seront finalement adoptés, et certainement pas par des Indiens. "Je n’ai connu aucune famille indienne qui ait adopté un enfant handicapé, explique-t-elle. C’est un poids trop lourd à porter pour les parents. Ils préfèrent les abandonner à l’hôpital ou à la police, qui nous les ramènent ensuite."

Souvent issus de familles pauvres, beaucoup de ces enfants sont nés hors mariages. "Les bébés sont abandonnés car les normes sociales ne permettent pas à la mère ou à la famille de les garder", affirme Bharati Dasgupta, responsable de "Catalyst for social action" (CSA), une ONG qui aide les parents candidats à l’adoption. D’autre part, certaines familles ne peuvent pas faire face à la charge financière que représente les enfants. L’abandon d’un bébé ne suffit pas à sortir de la pauvreté, mais en réduit considérablement les effets.

Seulement 4 enfants handicapés sur 80 ont été adoptés

"Les adoptants sont souvent des Américains ou des Allemands", précise Sœur Rosebella. Les parents biologiques y sont d’ailleurs souvent favorables pour offrir à leurs enfants de meilleurs conditions de vie. "Généralement, les petits adoptés ont un handicap mineur par rapport à d’autres", poursuit la soeur. Toutefois, le nombre d’adoptions reste relativement faible. Principalement en raison des règles indiennes, très strictes, qui n’autorisent l’adoption que jusqu’à six ans.  
Source : L'Inde aujourd'hui


"Nous privilégions l’adoption domestique", explique Jagannath Pati, le directeur de l’"Agence centrale pour l’adoption" (CARA), basée à New Delhi. Un enfant ne peut être placé au niveau international que s’il ne trouve pas de parents en Inde.

Les enfants handicapés sont ceux qui intègrent le plus rarement une famille d’accueil. Quasiment toutes les agences d’adoption ont plusieurs enfants dans ce cas, toujours en attente de parents. En vain, souvent. De plus, ces organismes manquent de l’expertise nécessaire pour trouver une solution adaptée à la maladie des enfants.

En 2010, CARA a recensé 5 309 enfants adoptés par des Indiens, 593 seulement par des étrangers. Bien que les chiffres restent encore incertains, les enfants handicapés ne représenteraient qu’une part infime de ces effectifs. La faute au manque de coordination entre les agences de placement et les services de l’Etat, selon Bharati Dasgupta, de CSA.
Chaque agence en ville a entre 100 et 300 parents candidats qui sont sur liste d’attente alors que, dans les campagnes, la demande est très faible. Seuls quelques organismes sont autorisés par l’Etat indien à placer des enfants. Ainsi, beaucoup d’orphelinats ne peuvent pas trouver de familles d’adoption parce qu’ils n’y sont pas autorisés.

L’éducation plutôt que l’adoption

A la « Jeevan Jyoti Home » de Delhi, la priorité n’est donc pas à l’adoption, mais plutôt à l’éducation des enfants. "Notre objectif est de leur rendre la vie plus facile et de développer leurs capacités d’adaptation", explique Hema. Tous les jours, les quarante employées rassemblent Lovely et ses amis, pour travailler sur leurs handicaps. Tandis que Nedi, Roshni et Habila font des puzzles et des jeux de construction ou de logique, Nitty et Heni s’entraînent à marcher avec des attelles.

Elsa, volontaire française pour trois mois à l’orphelinat, travaille avec les enfants pour les rendre autonomes. "Lors des repas par exemple, on envoie parfois un enfant malvoyant chercher l’eau pour ses copains. Les sourds et les muets apprennent la langue des signes", explique la jeune fille de 23 ans. "Tous ceux qui le peuvent déjà vont à l’école, reprend Sœur Rosebella. Nous espérons qu’un maximum d’entre eux puisse aller un jour à l’université."

Alors que les enfants chantonnent la comptine "Ainsi font, font, font… ", apprise par Elsa, cette dernière les observe en souriant : "A défaut d’avoir des parents, ces enfants ont simplement besoin d’attention."

*Les étudiants du Centre de Formation des Journalistes (CFJ) de Paris étaient en Inde du 7 au 18 mars pour réaliser des reportages à New Delhi et dans les environs. Pour avoir accès à tous leurs articles, cliquez sur www.delhiplanet.fr


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1 commentaires

  1. C'est toujours touchant de lire ce genre d'article...
    De voir comment un pays se démène pour que chacun puisse y trouver sa place..
    Bonne journée...

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