Seulement 1069 enfants adoptés à l'étranger en 2014

mercredi, février 11, 2015

L'adoption internationale continue sa chute vertigineuse. Elle a enregistré une baisse de 20 % en France entre 2013 et 2014, avec 1069 enfants adoptés à l'étranger en 2014, indique le Quai d'Orsay.  «C'est la quatrième année consécutive de baisse», souligne la nouvelle ambassadrice chargée de l'adoption internationale, Odile Roussel. Ces dernières années, les autres principaux pays d'accueil des enfants ont connu «une baisse similaire», précise celle qui dirige la Mission de l'Adoption Internationale (MAI) depuis début octobre.
«Il y a dix ans, on comptait environ 40.000 adoptions internationales de mineurs dans le monde, très concentrées dans quelques pays d'origine (Chine et Russie) et quelques pays d'accueil (en premier lieu les États-Unis). Entre 2004 et 2013, le nombre d'adoptions internationales de mineurs a chuté des deux tiers, en France comme dans le monde entier», précise l'Ined dans une étude dévoilée mercredi sur les raisons du déclin de l'adoption internationale dans le monde.
La RDC, la Guinée ou Djibouti ont complètement fermé leur portes à l'adoption internationale
En France, pour la première fois en 2014, les adoptions réalisées dans les pays ayant signé la convention de La Haye sont plus nombreuses que celles réalisées dans d'autres pays. Cette convention, sorte de charte éthique de l'adoption, donne la priorité au maintien des enfants délaissé dans leur entourage familial ou, à défaut, à l'adoption nationale. L'adoption internationale est alors considérée comme l'ultime recours. Elle réprouve par ailleurs les adoptions individuelles, c'est à dire sans l'intermédiaire des OAA (organismes agréés pour l'adoption), et donc jugées plus périlleuses. Son application croissante a donc tendance à réduire le nombre d'adoptions hors du pays de naissance des enfants. «C'est un phénomène important et qui va dans le sens de ce que nous cherchons, soit un meilleur encadrement des procédures», souligne l'ambassadrice. Les pays qui mettent en place les conditions de son application comme le Laos, la Guinée ou le Sénégal, ont tendance à «geler» les adoptions en période de transition.
D'autres pays (22 selon la MAI) comme la République démocratique du Congo (RDC), la Guinée ou Djibouti, ont pour leur part complètement fermé leur portes à l'adoption internationale. Ainsi, en RDC, les adoptions de centaines de familles françaises, réalisées avec l'aide d'OAA, sont bloquées depuis septembre 2013. Le travail diplomatique engagé pour dégeler la situation n'a pour l'instant permis qu'à huit enfants de rejoindre leurs parents adoptifs en France.
Si les contrôles tendent à se renforcer, des situations problématiques persistent dans certains pays, comme le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Bénin ou le Sénégal. Des candidats mal informés ou prêts à tout se lancent parfois dans des procédures individuelles douteuses, réalisées hors de tout circuit officiel, pour tenter de recueillir un enfant dont l'adoptabilité n'a pas été prouvée, avant de se heurter à un douloureux refus de visa pour l'enfant. 
À l'heure où l'adoption est plus que jamais un parcours du combattant, ces procédés «hors des clous» ont-ils tendance à se multiplier? «On a tendance à penser que ce n'est pas le cas mais c'est difficile à dire, à comptabiliser», commente Odile Roussel, pointant un contexte où «il devient de plus en plus difficile d'adopter» et où «les pays qui acceptent les candidats célibataires sont de moins en moins nombreux».
18.000 agréments pour 1000 enfants adoptables 
Avec 37 % des adoptions, l'Afrique est le premier continent d'origine des enfants étrangers recueillis en France. Il est suivi par l'Asie (29 % des adoptions) qui dépasse désormais l'Europe (22 % des adoptions) alors que la Russie a durci ses conditions pour les candidats à l'adoption. Cette dernière a vivement réagi au vote de la loi sur le mariage pour tous, avec une suspension de plusieurs mois des adoptions en 2013. La Russie, deuxième pays d'origine des enfants adoptés, derrière le Vietnam, a également interdit l'adoption par des célibataires, «soupçonnés» de pouvoir être homosexuel.
Enfin, le profil des enfants adoptables a changé, rappelle-t-on au Quai d'Orsay. En 2014, 677 enfants «à besoins spécifiques» - soit malades, handicapés, âgés de plus de cinq ans ou en fratrie - ont été recueillis. Un chiffre qui correspond à 63 % des adoptions réalisées. Les «bébés» abandonnés, âgés de moins de deux ans, ne représentent plus que 28 % des adoptions. Pour ces derniers, l'attente est plus longue. «Jusqu'à huit ans pour la Chine», indique-t-on à la MAI.
Avec 18.000 agréments pour l'adoption en cours de validité, sésame indispensable pour recueillir un enfant, pour environ 1000 enfants adoptables à l'international, le visage de l'adoption s'est indéniablement métamorphosé. «Ce n'est plus la solution pour répondre à un désir d'enfant comme au milieu des années 2000, où la France enregistrait près de 5000 adoptions annuelles, insiste Odile Roussel. L'adoption, c'est devenu difficile, long, les enfants ont un profil plus complexe. On commence d'ailleurs à voir des cas d'échec d'adoption avec des enfants remis à l'aide sociale à l'enfance (ASE)».

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