La résilience - Un regard qui fait vivre

lundi, septembre 17, 2018

« La faculté qu’a l’homme de se creuser un trou, de sécréter une coquille, de dresser autour de soi une fragile barrière de défense, même dans des circonstances apparemment désespérées, est un phénomène stupéfiant qui demanderait à être étudié de près.
Il s’agit là d’un précieux travail d’adaptation, en partie passif et inconscient, en partie actif. »
Primo Levi, Si c’est un homme

Le réflexe de tous ceux qui entendent, pour la première fois, parler de résilience, est d’aller en chercher le sens dans le dictionnaire, au risque d’être déçus : ils n’y trouvent qu’une définition faisant référence à la résistance des matériaux aux chocs.

C’était, de fait, la signification première de ce mot — dont l’étymologie renvoie à la notion de résistance et de ressaut —, jusqu’à ce que les Anglo-Saxons l’appliquent, depuis un demi-siècle environ, aux sciences humaines. Avec un retard certain par rapport à eux, la résilience commence à susciter un vif intérêt dans les milieux professionnels francophones. Il est temps, car la recherche, la formation et la pratique dans les domaines médico-social, psychologique, éducatif, juridique... peuvent y trouver une inspiration, un souffle nouveau.

La résilience nous convie, en effet, à changer notre regard sur ceux qui sont confiés à nos soins, dont nous avons à prendre soin ; à élargir notre réflexion et notre action à leur environnement social et matériel, à leur cycle de vie, à leurs conditions et modes de vie, et ceci dans une démarche où le respect, l’empathie doivent se conjuguer avec de sérieuses connaissances sur les ressources — trop souvent méconnues, inexploitées — des êtres humains confrontés aux dures réalités de l’existence. Lire la suite

par Michel Manciaux
Professeur émérite de Pédiatrie sociale et de Santé publique
Membre du Comité d’experts OMS en santé de la famille

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